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// PEDAGOGIE / 07 — PRATIQUE

QUESTIONS / RÉPONSES

Quelle guitare choisir pour débuter ?

La guitare étant un instrument un peu ardu, il faut au démarrage mettre toutes les chances de son côté et choisir l'instrument le plus facile à jouer. La guitare classique présente à cet égard de nombreux avantages : cordes nylon souples au toucher ; manche large permettant un placement plus aisé des doigts.

Attention toutefois à choisir un instrument adapté à la morphologie du corps et de la main : on optera obligatoirement pour un instrument à taille réduite en dessous de 11 ans.

Taille Âge Longueur
1/24 – 6 ans87,5 cm
3/47 – 10 ans92 cm
7/810 – 11 ans97 cm
4/4À partir de 11 ans / adultesTaille normale

Se faire conseiller par un professionnel lors du premier achat.

Quelles cordes choisir ?

Le type de guitare conditionne les cordes : métal pour les guitares folk et électriques ; nylon pour les guitares classiques. Les cordes sont déclinées en plusieurs tirants : le tirant définit l'importance de la tension nécessaire pour obtenir l'accord.

Plus le tirant est fort, plus les cordes sont tendues, ce qui augmente la puissance sonore de l'instrument mais rend l'instrument plus difficile à jouer. À l'inverse, un tirant moins fort rend la guitare plus facile à jouer mais diminue le volume sonore et peut, dans certains cas, générer des bruits parasites (cordes qui frisent contre les frettes).

Pour débuter : choisir un jeu faible tirant pour une guitare classique, et un jeu extra light (9-42) pour une guitare électrique ou folk. On pourra augmenter le tirant progressivement tout en restant dans les limites du raisonnable. Se faire conseiller par un professionnel.

Quel médiator pour débuter ?

Choisir un médiator souple au début afin de ne pas accrocher trop les cordes. Au fur et à mesure de l'apprentissage, on pourra augmenter sa dureté.

Quid des ongles ?

Pour les droitiers, couper régulièrement les ongles de la main gauche afin de ne pas gêner le toucher (pour les gauchers, main droite). Il est possible de laisser 2 mm d'ongle à la main droite afin d'obtenir des sons plus cristallins lors du jeu aux doigts, mais s'assurer que les ongles ne présentent aucune aspérité.

Jeu aux doigts ou au médiator ?

Un guitariste complet peut passer indifféremment de l'un à l'autre. Pour débuter, réserver le médiator aux rythmiques et le jeu aux doigts pour les arpèges, puis progressivement exécuter les arpèges au médiator également.

Position de la guitare ?

La position la plus ergonomique est la position classique (pour un droitier, guitare sur jambe gauche relevée par un tabouret) mais je préconise plutôt la position folk (guitare sur jambe droite) avec un tabouret sous le pied d'appui si possible.

En position folk avec un jeu aux doigts élaboré (classique, picking), le poignet étant à 45° par rapport aux cordes, il faudra prévoir l'acquisition d'un onglet pour le pouce. Avec une guitare électrique, jouer plutôt debout avec une sangle, la guitare positionnée assez haut — les formes des guitares électriques se prêtent très mal au jeu en position assise (attention aux cervicales !).

Devant la richesse des méthodes et vidéos disponibles, faut-il vraiment prendre des cours ?

Sans aucun doute (parole d'autodidacte !). Seule une formation avec un professeur permet de démarrer sur de bonnes bases et garantit un enseignement adapté à chaque personne avec une progression rapide. C'est assurément un gain de temps, et les cours en groupe apportent une certaine émulation qui dope la motivation.

Idéalement, opter pour des cours en groupe les premières années et des cours individuels à partir d'un niveau intermédiaire. La difficulté étant le choix du professeur : dans une école de musique le programme est en général le même quel que soit l'enseignant ; pour les professeurs privés, faites jouer le bouche à oreille !

Pour commencer, peut-on faire l'économie d'un accordeur ?

Absolument pas ! C'est un outil indispensable pour jouer sur un instrument juste, et il faut prendre cette habitude de façon à ce que le cerveau fasse l'association note/corde/case. Il existe des techniques d'accordage à l'oreille mais elles s'appuient toujours sur une note de référence et ne sont pas particulièrement faciles à maîtriser. Il est préférable d'investir dans un accordeur (il en existe à moins de 10 €).

Je joue déjà d'un instrument : est-ce que la pratique de la guitare en sera facilitée ?

En principe, cela devrait être plus facile — cependant tout dépend de l'instrument. Si c'est un instrument à cordes, pas de problème. Si c'est le piano, ça devrait être également plus facile (indépendance des mains et des doigts).

Y a-t-il des exercices que l'on peut faire sans guitare pour améliorer la dextérité, la vélocité et la force ?

Pas à ma connaissance : pour améliorer ces dispositions, il faut jouer sur une guitare des exercices adaptés ! Il faut savoir que dextérité et vélocité sont essentiellement des capacités cérébrales : pour les développer il faut être exactement dans les conditions de jeu avec l'instrument.

Et pratiquer souvent, le plus souvent possible !

Que puis-je faire pour améliorer la mémorisation des morceaux ?

Il est extrêmement important de définir un doigté main gauche et main droite et de s'en tenir. Le fait de répéter le même morceau avec exactement les mêmes doigts va favoriser l'apprentissage puisque la pratique d'un instrument fait appel à la mémoire procédurale.

Bien entendu, il faut que le doigté soit optimal (voir avec son professeur). Ensuite, il faut le répéter suffisamment longtemps ; éventuellement par petits morceaux pour faciliter l'acquisition progressive.

Faut-il étudier la théorie pour apprendre à jouer d'un instrument ?

Non et oui ! De nombreux joueurs de talent sont complètement autodidactes, n'ont jamais suivi de cours et ne connaissent rien de la théorie musicale ! Mais ces capacités sont le fruit d'une longue expérience et d'un apprentissage avec d'autres musiciens qui ont plus qu'inspiré ces personnes.

Un des cas les plus impressionnants est celui des guitaristes de Jazz Manouche, virtuoses de la technique, qui se baguenaudent nonchalamment dans des suites harmoniques des plus complexes et qui ne connaissent même pas le nom des notes ! Mais c'est vite oublier les heures, les jours, les mois, les années passés avec leurs pairs et leur père à jouer de la musique, à reproduire, à décomposer et à expérimenter. Ils sont dans un parcours initiatique immersif d'école à la maison.

Ces situations sont somme toute assez rares. La plupart du temps, les autodidactes qui refusent la théorie et sont adeptes d'une approche instinctive vont se construire leur propre compréhension avec le risque de développer des convictions limitantes et de renforcer des biais cognitifs qui freineront leur progression.

La théorie permet, lorsqu'elle est bien enseignée, d'ouvrir les portes de la connaissance et le champ des possibles. Pour ma part je préconise un enseignement basé sur la pratique de l'instrument afin d'activer le plaisir de jouer — véritable moteur de progression — et d'aborder en parallèle, de façon très progressive, les notions théoriques nécessaires et suffisantes pour la compréhension du jeu et le développement du musicien. Les deux ne sont pas antinomiques mais vraiment complémentaires. Je développerai prochainement le concept de musique intérieure qui va nous permettre de développer notre propre musique, en parfaite syntonie avec les lois fondamentales de la musique.